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"Tu es Cela - Plus proche que proche - Déjà là"

Contempler les pensées comme un berger - David DUBOIS

Source : David DUBOIS : 60 expériences de vie intérieure – Editions Almora, Paris, 2017 pages 23 à 24.

On croit souvent que la méditation consiste « à contrôler le mental ». La méditation serait alors une forme de management de soi, de ses pensées représentées comme autant d’employés de l’entreprise Moi, l’individu. Et l’éveil serait la réussite de ce management. Un état de contrôle parfait, sans pensées importunes, inutiles ou parasites.

Il est vrai que la vie intérieure conduit à une grande paix. Mais l’expérience montre combien l’effort de vouloir tout contrôler peut-être contre-productif. Essayez de ne pas penser à un éléphant blanc…Là maintenant pendant un quart d’heure. C’est très difficile. De plus, l’expérience nous apprend que, de manière analogue, le management, par le contrôle total de chaque individu n’est peut-être pas le meilleur moyen de gérer des personnes. Même une prison devient rapidement invivable sans soupapes. Et puis, nul n’aspire à devenir une parfaite prison.

Mais il reste vrai que nous sommes d’ordinaire les esclaves – les prisonniers – de notre bavardage intérieur. Imaginez que nos pensées soient diffusées par des haut-parleurs. Nous serions rapidement pris pour des fous ! Le désir de silence intérieur est donc un désir légitime. Mais l’effort rigide ne fait qu’empirer la situation.

Essayons donc une autre approche, en dehors de ce dilemme. Au lieu de contrôler. Au lieu de se laisser emporter.

Asseyons-nous confortablement, droit et frais. Et observons simplement les pensées. Sans essayer de les manipuler. Et si nous nous surprenons en train de les manipuler et d’y réagir, de les commenter, remarquons que cela fait partie des pensées.

Mais, d’un autre côté, évitons de nous laisser emporter par les pensées. Une réaction surgit. Un dialogue s’engage. Une histoire commence. Très bien. Je reste tel quel. Il y a aussi des sensations et des émotions. Des impressions. Mais je reste tel. Je ne bloque rien. Je ne fuis rien. Je ne me braque pas non plus sur les pensées pour essayer d’être « surconscient » ou pleinement conscient. Je reste juste tel quel.

En d’autres termes, je reste comme un berger face à ses bêtes. Il les observe. Mais il ne court pas après chaque animal dès qu’il bouge.

Laisser venir, laisser être, laisser partir.

Un éveil surgit alors. Comme si l’on s’éveillait d’un long rêve. L’attention n’est plus focalisée sur le sens des pensées, sur leur teneur émotionnelle. Sur quoi ? Difficile à dire…Mais, disons l’attention s‘ouvre en grand. Comme si on l’on avait inspiré un grand bol d’air frais et vif. Comme si un voile était écarté, comme si l’on relevait la tête.

Mais vous constaterez qu’il n’y a pas réellement de surcroit de conscience. C’est plutôt que la conscience revient à elle, se décontracte, comme si l’on sortait la tête de l’eau.

En même temps que l’attention se libère des pensées à l’image d’un homme qui s’éveille d’un songe, l’espace dans lequel baignent ces pensées devient plus vivant. En fait, il ne fait qu’un avec la conscience. Il a toujours été présent, mais il passait inaperçu par indolence et par la faute de notre négligence. Il n’y a pas d’effort rigide à faire. D’un autre côté on peut se laisser emporter par les pensées.

Mais il n’est pas nécessaire d’être vigilant comme un chat guette une souris ! Pourquoi ? Parce que dans cette contemplation paisible, vous reconnaissez que vous êtes l’espace dans lequel les pensées surgissent et disparaissent. Vous-même vous ne disparaissez jamais. Cette reconnaissance a un impact profond. C’est le véritable éveil. Les pensées peuvent bien venir et notre attention se laisser emporter mais l’envoûtement du bavardage intérieur est rompu. Il n’y a plus de stress. Si nous sommes distraits, nous revenons doucement à un regard global. Comme le berger. Cette vision libre est notre vraie nature.

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